Carnet du Bugey (2024) – Explorer à vélo un territoire en transition

Du 17 au 23 août 2024, un équipage de 14 cyclistes s’est élancé dans un voyage passionnant au cœur de Bugey, dans l’Ain (01). Les membres du séjour « Bugey en Transition ! » ont sillonné à vélo pendant sept jours les sentiers pittoresques de l’Ain et du Valromey, découvrant les paysages enchanteurs du Sud jurassien ouvert sur les Alpes, et se plongeant dans les enjeux de transition écologique et sociale du territoire. L’aventure était guidée par quatre capitaines enthousiastes formé-es à l’Institut Transitions de Lyon.

Retour d’expédition territoriale pour le séjour « Bugey en Transition ! » de l’association Univoyage

Un séjour en itinérance

Les étapes à vélo et la vie de camp au plein air ont permis de s’initier au nomadisme. Nous avons eu plaisir à nous (re)connecter à notre environnement naturel, admirant les levers de lune et couchers du soleil. La pluie est venue nous saluer, et le soleil nous a réconforté. Le calme de la nuit était si agréable !

La caresse du vent dans les descentes jusqu’à Culoz faisait suite au plaisir de l’effort après l’ascension depuis la Plaine de l’Ain vers le Plan d’Hotonnes, et pour certains encore jusqu’au sommet du Grand Colombier. Pour une partie du groupe, il s’agissait d’un tout premier voyage à vélo, et des premières traversées de cols !

Un séjour sur la transition du Bugey

Les activités ont permis de découvrir le Bugey et de mieux comprendre les enjeux de transition de ce territoire :

  • Au GAEC du Plan d’Hotonnes nous avons randonné avec le troupeau de Pierre et Priscilla pour découvrir le métier d’éleveur-berger ;
  • À la Fruitière du Valromey, nous avons visité l’usine en suivant les différentes étapes de production du Comté, de la Raclette et de la Tome du Bugey ;
  • Au Jardin de Ruffieu, nous avons participé à un chantier agricole de désherbage et de cueillette : haricots, tomates, courgettes, betteraves ;
  • Le musée du Bugey nous a interpellé sur notre rapport aux savoirs anciens qui s’oublient, et qui pourraient inspirer pourtant des solutions nouvelles, entre sobriété et technologie, pour développer des “basses-technologies” et construire des modes de vie sobres tout en maintenant un certain niveau de confort moderne, dans une perspective de transition écologique.
  • Au café de La Barque, nous avons partagé un brunch et découvert ce lieu de rencontre et de lien intergénérationnel pour les habitant-es de la Vallée du Valromey ;
  • Enfin, l’Observatoire de la Lèbe nous a permis d’observer les étoiles que le Bugey partage avec les autres territoires, et de nous souvenir que nous partageons la même petite planète A, dans le même cosmos infini… et qu’il n’y a pas de planète B.

Finalement, en quoi le Bugey serait-il une biorégion ?

En théorie, le Bugey forme bien un territoire avec des caractéristiques géologiques et géographiques communes, encerclé par le Rhône et la Valserine, et qui pourrait (re)trouver une forme d’autonomie avec une économie tournée principalement vers des activités agricoles adaptées aux futures conditions climatiques, tout en continuant de préserver les Rivières Sauvages labellisées sur le territoire.

Dans la pratique, la transition écologique et sociale du territoire nous semble encore émergente, avec des initiatives encourageantes sur la coopération agricole, le lien et la solidarité entre les générations, la valorisation écotouristique du territoire et de la sobriété. Pour profiter d’une potentielle organisation biorégionale, le Bugey devra encore s’ouvrir pour attirer des énergies constructives et diverses. En particulier, les collectivités locales gagneraient à rassurer et à convaincre de la nécessité de coopérer pour vivre durablement sur la base des ressources à disposition dans le territoire : une belle histoire à suivre… ou à rejoindre !

Un séjour collectif

Finalement, ce séjour était avant tout une belle aventure humaine, une occasion de créer ou renforcer des liens sociaux entre des personnes qui partagent la même envie de découvrir le monde et de s’engager localement pour participer à la construction de territoires écologiques et sociaux.

Merci encore à Amélie, Baptiste, Cédric et Eddy pour l’organisation du séjour !

JOUR 1 – Se rencontrer au bord de l’Ain

La première étape nous a permis de pédaler facilement depuis la gare d’Ambérieu-en-Bugey jusqu’au camping à Pont d’Ain. Nous avons fait connaissance de manière festive au cours d’une soirée dansante inattendue au coeur du village. En fin de soirée, nous avons eu la chance d’assister avec émerveillement à un somptueux feu d’artifice. Des reflets colorés embrasaient le miroir aquatique offert par la rivière Ain, où nous avions baigné une heure auparavant : quel beau spectacle !

JOUR 2 – Grimper sur le Bugey

Au matin, la pluie continuait de tomber, et nous a suivi tout au long de cette journée, la plus sportive du séjour. Nous avons grimpé 900m (?) à vélo depuis la Plaine de l’Ain vers les hauteurs du Bugey. Par chance, nous avons pu trouver une halte réconfortante au café d’un village, avant de gagner l’aire de repos du Plan d’Hotonnes où nous pouvions planter le camp.

L’été, ce domaine de ski de fond accueille les cyclistes… et prépare son inévitable reconversion aux 4 saisons suite au réchauffement climatique !

JOUR 3 – Randonner avec le troupeau

De bon matin, nous avalons un petit-déjeuner et sautons sur nos vélos pour grimper encore jusqu’au GAEC du Plan d’Hotonnes. Nous trouvons Pierre et Priscilla qui nous accueillent et nous racontent l’histoire de leur ferme : reconverti il y a plus de dix ans comme berger dans les Pyrénées, Pierre a proposé à Priscilla de reprendre cette ferme dans le Bugey grâce au soutien de l’association et foncière agricole Terre de Liens, une foncière agricole coopérative qui accompagne la reprise et la redistribution des terres.

Après ces explications, nous partons randonner avec le troupeau composé de 300 brebis de race Manech Tête Noire originaires des Pyrénées et de chèvres exploratrices. Nous avançons sur l’un des 6 sentiers qui mènent vers les 3 zones de parcs d’altitude. Le troupeau est mené par Pierre et l’aînée de ses 4 enfants, avec un petit chien berger d’Auvergne, et protégé par 2 des 4 gros chiens qui surveillent la présence des prédateurs. Des meutes de lynx, présents dans le Jura et sur le territoire, peuvent s’attaquent à des proies isolées sans traumatiser tout le troupeau, et repoussent les quelques loups mâles isolés qui voudraient s’installer dans le Bugey. Mais avec le temps, ils pourraient finir par venir plus en nombre, ce qui pourrait contribuer à la régulation de la faune sauvage. Pour les élevages en revanche, cela impliquerait former de bons chiens de garde : c’est le pari que fait Pierre !

Après avoir admiré la vue sur les Alpes et le Mont Blanc qui pointait son nez à travers les nuages, nous descendons et savourons les délicieuses lasagnes cuisinées par Priscilla avec les blettes de son exploitation maraîchère et les oeufs de ses cannes : quel délice !

De retour au camp après une belle descente, nous admirons les rapaces à la jumelle et profitons d’un bain norvégien et d’une boisson. Nous terminons cette magnifique journée avec une veillée débat sur le vélo électrique, la connaissance de soi par le voyage ou encore la mesure de l’hygiène.

JOUR 4 – Baignade et vélo

Au matin du quatrième jour, nous levons le camp pour un jeu d’épervier, et partons pour une baignade au Puits des Tines suivie d’une descente vers le musée du Bugey ;

Vers 18h, un petit groupe s’élance vers le col du Grand Colombier. Les +900m de dénivelé sont avalés en 1h15 à 1h25 : belle performance ! Les fiers cyclistes sautent de joie en découvrant la vue incomparable sur le paysage des Alpes et le lac du Bourget. Au retour, nous mangeons des framboises sauvages tels des chèvres goulues et savourons l’air frais de la forêt.

Au camp, le groupe s’est bien amusé ! L’ambiance se prolonge jusqu’à la veillée, où nous testons nos connaissances en équipe sur une partie de jeu de société.

Les autres jours sont à découvrir en rencontrant l’équipe du séjour !

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